Jumbal, un biscuit de bon gars


On dit souvent des filles qu’elles préfèrent les bad boys aux bons gars. Et bien s’il y a une métaphore à faire avec la recette de biscuits que je vous propose aujourd’hui, c’est bien celle-là. Mais, j’y reviendrai plus tard…

Tout d’abord, un peu de contexte. Les Jumbals font partie de la famille des biscuits au sucre et ces derniers tirent leur origine de la cuisine médiévale arabe, connue pour être riche en la matière. Traditionnellement composés de noix et parfumés d’épices, ces petits gâteaux sucrés auraient été introduits en Espagne par les Maures, puis diffusés et assimilés dans toute l’Europe, pour finalement débarquer sur le Nouveau Monde avec les explorateurs du 16e siècle. Les biscuits au sucre, tel que nous les connaissons aujourd’hui, sont sans noix ou épices, résultat de l’adaptation anglaise.


Deux recettes de Jumbals sont proposées dans le livre The English Housewife. La première, Jumbals, est plutôt basique et ne requiert que des œufs, de la farine, du sucre, un peu de lait et des grains d’anis. La seconde, Finer Jumbals, reprend la même base et renchérit avec du beurre, des amandes moulues et de l’eau de rose, avec en option les grains d’anis et de coriandre. Le livre différencie les deux recettes en comparant le goût du Finer Jumbal à celui du Macaroon. On réfère ici à l’ancêtre du macaron, que l’on connait maintenant dans sa version à la noix de coco, mais qui était à la base composé majoritairement d’amandes moulues. Et qui n’était pas sans ressemblance au macaron parisien, même si ce dernier, sous sa forme de doubles coques farcies, n’a vu le jour que beaucoup plus tard.

Je sais que je ne surprends personne en vous révélant que j’ai opté pour la version plus raffinée du biscuit. Dans la recette du Finer Jumbal, il est suggéré de mélanger la farine et le sucre d’abord, puis d’y ajouter tous les autres ingrédients par la suite, pétrissant la mixture à l’aide d’un peu de crème pour former une pâte ferme. Il est plus commun, dans les recettes de biscuits au sucre moderne, de mélanger le sucre et le beurre d'abord, d’y ajouter l’œuf ensuite, puis d’y intégrer la farine en dernier lieu. J’ai donc fait un second lot de Jumbals en utilisant cette technique à des fins de comparaison, mais le résultat final fut sensiblement le même. Je vous conseille tout de même cette dernière façon de procéder, puisqu’elle permet de mieux jauger l’apport des ingrédients. J'ai aussi pris soin de faire la conversions des poids/volumes pour vous. Voir la retranscription de la recette plus bas.


En fouillant un peu, j’ai découvert que les Jumbals se conservent pendant des mois, voir jusqu’à UN AN, sans devenir trop fades. Cependant, ils vont assurément durcir, et ce, après que quelques jours. D’où la tradition de faire de longues bandes avec la pâte et d’en former des tresses ou des nœuds, rendant le biscuit plus facile à briser en morceaux pour la consommation.

Jouer avec sa bouffe? FUN! Perso, je me suis inspirée des marins pour faire de jolis nœuds, puis de ces petits pains en forme de lapin complètement mignons et parfaits pour la fête de Pâques qui approche. J’ai aussi fait un glaçage rapide, comme je l’avais fait pour le Cake au Citron, question d'ajouter un petit rayon de soleil dans la bouche!


Tout ça, c’est bien beau, mais est-ce que c’est bien bon? Voilà qui me ramène à ma métaphore d’introduction. C’est que, voyez-vous, le Jumbal, c’est un peu comme « le bon gars » dans l'histoire. Il n’est pas trop compliqué, sans prétention, juste assez sweet, tes collègues et amis le trouvent bien correct, il a voyagé, a du vécu, ta mère aimerait donc ça que tu l'apporte à souper et tu sais qu’il est là pour durer. Bref, c'est pas un biscuit avoine-raisin. Sauf que des fois, même si tu sais que c'est pas bon pour toi... t’as juste envie d’un bad boy*.
FINER JUMBALS
Pour environs 24 biscuits

2 T         Sucre
½ T        Beurre, ramolli
2             Blancs d’œuf
1             Jaune d’œuf
1 c.à.T    Eau de rose
½ T        Amandes moulues
3½ T      Farine de blé entier
Lait ou crème, au besoin
  • Préchauffer le four à 180 °C (350 °F)
  • Mélanger le sucre et le beurre dans un grand bol à l'aide d'une cuillère en bois ou d'un fouet
  • Incorporer les œufs, l'eau de rose et les amandes moulues
  • Ajouter graduellement la farine et mélanger du bout des doigts lorsqu'il devient trop difficile de mélanger avec un instrument
  • Pétrir la pâte jusqu'à ce que celle-ci soit bien ferme et lisse, environs 5 à 10 minutes
  • Ajouter un peu de lait ou de crème si les ingrédients refusent de se lier
  • Abaisser la pâte et couper à l'aide d'emporte-pièces ou former des bandes de pâtes et tresser à souhait
  • Cuire de 10 à 12 minutes sur un papier parchemin. Refroidir sur une grille.

*J’étais de passage au Café Différance la semaine dernière, petit café que j’affectionne particulièrement, et j’ai goûté aux Bad Boys des Bad Boys en terme de cookie. Un biscuit aux pépites de chocolat et Corn Nut. CORN NUT. Game changer.

2 comments :

  1. Y'a rien de pire qu'un biscuit avoine-raisin. C'est un deux faces. Mais bon ... don't hate the cookie, hate the game.

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    1. La déception quand tu te rends compte que c'est pas une pépite de chocolat, j'te dis pas!!!

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