Les restes - Meringues Mocaccino, post-Escoffier



Lorsque j'ai déménagé seule au Québec deux ans passés, après avoir vécu en couple pendant plus de 6 ans, un de mes plus grands défis a été de m'habituer à préparer des repas pour une personne. Pendant des années, mes habiletés en cuisine m'avaient servi à la fois à rassembler les gens et à me rapprocher d'eux. On dit que le véritable chemin pour toucher le cœur d'un homme passe par son estomac, et quoique j'aie testé et approuvé cette théorie à plusieurs reprises, je crois que par "homme" on voulait vraiment dire "les hommes", dans le sens de toute l'humanité. 

Chez nous, il y avait toujours de quoi nourrir la visite qui débarquait à l’improviste, j’avais toujours un petit cadeau gourmand de prêt pour les fois où c'était moi l'invitée et mes lunchs faisaient toujours l’envie de mes collègues, avec qui j’avais solidement monté la barre des dîners « pot-luck ». Je faisais même partie d'un Brunch Club où chaque combat culinaire repas du samedi débutait à 11h et se terminait juste à temps pour commencer à préparer le souper.

Puis là, du jour au lendemain, j’ai mis ma cuisine dans des boîtes, j’ai traversé trois provinces et j’ai abouti à Montréal. Cette ville où la mode est aux longs trajets de transport en commun, à la semaine de travail de 40h+ et aux 5 à 7++. Je n’avais plus trop le temps de cuisiner et, franchement, l’idée de devoir le faire juste pour moi était complètement démoralisante. Pourtant, je faisais encore l’épicerie comme si je cuisinais pour Louis XIV. Le montant d'aliments qui ont péri dans ma maison par conséquent… je vous dis pas! Une vraie honte.

Ça a duré plus d’un an tout ça, puis tranquillement j’ai repris mes sens et retrouvé un rythme de vie un peu plus normal. J’ai fait de ma résolution, en 2014, celle d’éliminer tant que possible le gaspillage de nourriture. Depuis, j’achète en plus petite quantité, je profite des fins de semaine pour cuisiner des repas qui me serviront toute la semaine, je touski même l’intouskable et je garde en vue un inventaire de ce qui est dans mon congélateur.



Ce qui m'amène à vous présenter mon prochain plat. Aujourd’hui, je ne vous en propose pas un issu d’un livre historique, mais bien causé par. Si vous avez suivi, vous savez que la crème pâtissière que j’ai dû réaliser pour les tartelettes aux pêches d’Escoffier demandait 12 jaunes d’œuf. Qu’est-ce qui vient avec 12 jaunes d’œuf? 12 blancs d’œufs, exact. Dans le respect de ma résolution, j’ai décidé d'en faire des meringues françaises. Non seulement j’avais tous les ingrédients sous la main, mais ça me permettait de rester dans le thème du livre à l'étude. Quoiqu'Escoffier propose des confections à base de meringue et mentionne l’utilisation des coques à quelques reprises, il n'offre pas de méthode de préparation pour cette dernière forme. Je vous propose donc ma recette de base, qui est d'une simplicité surprenante, à laquelle j'ai ajouté du cacao et de la poudre d'espresso, façon caffè-mocha italien. Parce que, tsé, ce ne serait pas moi s'il n'y avait pas de géochronisme (et si je n'inventais pas un mot).


Meringues mocaccino 

Les ingrédients

  • 3 blancs d’œuf, température pièce
  • ¾ T de sucre
  • 1 gousse de vanille grattée pour en extraire les graines
  • 1 généreuse pincée de sel
  • 1 généreuse pincée de crème de tartre
  • 1 c.à.thé de poudre de cacao
  • 1 c.à.thé d’espresso instantané en poudre (j’utilise la marque Nescafé)
La préparation
  1. Préchauffer le four à 200F. Mélanger les blancs d’œufs le sucre et les graines de vanille dans un bol résistant à la chaleur. Faire mijoter un fond d’eau dans une casserole, puis placer le bol par dessus en mélangeant jusqu’à ce que le sucre soit dissout et le mélange chaud, mais pas bouillant (environ 3 minutes). Ajouter le sel et la crème de tartre.
  2. Retirer le bol du bain-marie, puis fouetter le mélange avec un batteur électrique à puissance moyenne-haute, jusqu’à ce qu’il soit bien serré, presque refroidi et que des pics se forment au retrait des fouets (5 à 7 minutes).
  3. Incorporer la poudre de cacao et d’espresso, en prenant soin de ne pas trop fouetter le mélange.
  4. Transvider la mixture dans une poche à douille, puis dresser les meringues sur du papier parchemin, en leur donnant la forme de votre choix.
  5. Enfourner et cuire les meringues pendant 1h. Fermer le four et laisser les meringues refroidir à l’intérieur de celui-ci, en laissant une ouverture dans la porte.
  6. Les meringues se conservent quelques jours si on les garde à l’abri de l’humidité.

Ces meringues s’offrent très bien comme cadeau d’hôtesse et l'on peut en varier aisément les saveurs selon les ingrédients qu’on a sous la main. C'est super bueno, vous allez voir.



Et vous, quelles sont vos meilleures astuces ou vos plats go-to pour éviter de gaspiller en cuisine?

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