Oh, Timbale Élysée! Au soleil, sous la pluie, à midi, à minuit ...



À quelques pas de l'Arc de Triomphe et des Champs-Élyssées se trouve le restaurant Laserre (... ok, ok c'est une marche d'environ 35 minutes ... et si t'as une petite faim pour leur fameux macaroni au fromage et truffes noires, t'es probablement pas à pied). 

Établi d'abord comme bistro en 1942 par le Chef René Laserre, l'établissement est vite devenu un lieu préféré pour les célébrités de Paris et les stars américaines de passage. Le resto était fameux - et l'est encore - pour son menu, son décor et son toit ouvrant. Une soirée chez Laserre a certainement le potentiel d'être étoilée : les vedettes de Hollywood, les constellations visibles de la table, et surtout, les deux étoiles Michelin qu'il s'est mérité depuis son ouverture.



Imaginez pour un instant la belle ville de Paris dans les années 1950. À Laserre, vous partagez peut-être un souper intime avec Audrey Hepburn à la belle étoile. Ou, peut-être même, vous accompagnez Salvador Dali à un gala bien arrosé. Pour clôturer la soirée, votre serveur vous présente un Timbale Élysée : une coupe en biscuit bien délicate, un petit gâteau, des fruits de saison, et de la crème glacée à la vanille. Le tout à votre portée sous un sucre filé en forme de cage. Il n'est pas nécessaire de voyager dans le temps pour en déguster puisque les grands classiques de Laserre, comme le Timbale Élysée, y sont encore servis aujourd'hui quoiqu'un peu modernisés.

Cette création a certainement fait bonne impression sur Dali puisqu'il a choisi de l'inclure dans son livre de recettes. Toutefois, avant sa publication, le Chef Laserre a décidé de ne pas révéler les ingrédients du fameux dessert. Il n'y a qu'une courte description des éléments essentiels à sa construction. 



Impossible de plagier ou de reproduire une moindre version de la création de Laserre, je me suis basée sur ce paragraphe pour créer un dessert en hommage à l'original tout en donnant un clin d’oeil à un de ses grands admirateurs, Dali.

J'ai préparé les bols en pâte de tuiles avec un blanc d'oeuf, une demi-tasse de farine, 1/4 de tasse de sucre, 2 c. à table de beurre, un peu d'eau et de vanille. En les sortant du fourneau, je les ai laissé refroidir sur une plaque de muffins et elles ont pris une forme ressemblant un peu à des horloges fondantes.

Pour le petit gâteau, j'ai préparé une version traditionnelle de pâte à génoise. Celle-ci est différente des autres recettes de gâteau puisque sa consistance ne dépend pas de poudre levante, mais est acquise en fouettant des oeufs et du sucre chauffé au bain-marie. Ce gâteau est idéal dans ce cas, car il absorbe bien des liquides parfumés. Je l'ai donc imbibé d'un simple sirop au kirsch (un alcool aux cerises).

J'ai ensuite recouvert la tranche avec des fraises (c'est le début de la saison et elles sont trop belles!!), des cerises, une boule de crème glacée à la vanille, de la crème chantilly, et une gelée aux raisins, canneberges et kirsch. 




Vous remarquez peut-être l'absence d'un dôme en sucre ... Bien que j'ai tenté de créer un bonbon spectaculaire - un sucre filé surréaliste, même - il a abouti sur mon plancher et ses vestiges y sont encore présents malgré avoir passé la moppe au moins trois fois. 

La chef pâtissière du Laserre serait peut-être de l'avis que c'est le pire des Timbales Élysées, et elle a probablement raison. Son Timbale Élysée est comme la reine du bal des finissants de l'école secondaire, et le mien est comme son cousin bizarre qu'on ne retrouve nulle part dans l'album souvenir. 

Puis, il le sait qu'il n'est pas un Timbale Élysée et qu'il ne sera jamais comme sa cousine ... Mais, chez les Strawberry shortcakes, il est le roi des rois.


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