Les bonbons de Salem

Attendu que :
En 1692 à Salem Village, non loin de Boston dans l’état du Massachusetts, 25 personnes furent condamnées et exécutées à la suite d'une série d’accusations de sorcellerie.

Attendu que : 
En 1847, un apothicaire du nom de Oliver Chase s’installa à Boston et manufacturera pour la première fois en Amérique des losanges sucrés servant à cacher le goût amer des médicaments, devenant ainsi le fondateur de l’industrie de la confiserie sur le continent.
Attendu que :
En 1896 Fannie Meritt Farmer publie The Boston Cooking-School Cook Book, dans lequel un plein chapitre est dévoué aux petits gâteaux et confiseries.

Attendu que :
Nous sommes à quelques semaines des célébrations de l’Halloween.

Attendu que :
Il ne faut pas accepter de bonbons des étrangers dans des voitures louches.

Je, Emili Bellefleur, ai pris la décision de cuisiner des bonbons pour le projet de cuisine historique.



Décision qui sera maintenant connue comme le PIRE FAIL EVER de toute l’histoire de la confiserie. 4 recettes, 4 échecs monumentaux.

Revoyons ensemble le déroulement des événements.

Cas #1 – Butter taffy
Cette recette me fait beaucoup penser à celle de la tire Ste-Catherine que l’on prépare traditionnellement le 25 novembre pour « fêter » les vieilles filles comme moi. J’ai donc tenté d’étirer et de tresser le sucre comme on le fait à cette occasion, mais en vain. Peut-être était-ce à cause de l’absence de bicarbonate de soude et de sirop de maïs qu’on retrouve dans les recettes modernes, ou bien le degré de cuisson, mais la tire était impossible à manier. Ampoules aux mains à l’appui pis toute.

Poubelle.




Cas #2 – Nut Chocolate Caramels

Cette recette contient beaucoup de mélasse, un substitut économique au sucre lors du 17e et 18e siècle. Je m’attendais donc à une recette de caramel dans le genre des kiss que les enfants détestent recevoir à Halloween. Ce qui me va, puisqu'étant la dernière de quatre enfants, j’ai appris à aimer ce que les trois autres ne mangeaient pas, dont ces horribles friandises. Un instinct de survie en quelque sorte.

Hélas, avant même d’atteindre le degré de température nécessaire pour le caramel, le gros boulé (hard ball), le fond de la casserole avait brûlé. J'accuse : la température froide et hautement humide en cette journée, qui auraient pu nuire au processus d’ébullition du sucre.

Re-poubelle.



Cas #3 – Chocolate Creme Candy
Ici, la recette demande de mesurer le temps de cuisson plutôt que la température. Procédant comme indiqué, j’ai réussi à obtenir un bonbon qui ressemble au sucre à la crème, mais très granuleux et cassant. Pas un échec total, mais quand même suspect.

Probablement poubelle d’ici la fin de la semaine.



Cas #4 – Maple sugar candy
À ce point-ci, je me suis dit que mon thermomètre était peut-être responsable de mes échecs. J’ai donc fait un test de calibration pour m’assurer qu’il indiquait bien 100°C au niveau d’ébullition. Quelques degrés d’écart en effet. J’ai donc mis mon sirop d’érable à bouillir en réglant mon thermomètre à quelques degrés plus bas pour compenser.



Et là, je m’assume entièrement, je suis la seule responsable de ce prochain échec. En ajustant le thermomètre à la température requise pour le bonbon, j’ai oublié de le remettre en mode Fahrenheit et j’ai complètement brûlé le sirop d’érable. Tellement calciné que j’ai presque dû mettre le chaudron entier aux poubelles.







Cas #5 – Caramels au cidre de pommes et (re)Nut Chocolate Caramels

Est-ce que j’étais pas la seule coupable dans toute cette histoire? Suis-je victime de sorcellerie? Suis-je moi-même une sorcière? Après tout, je suis une vielle fille. J'ai un chat noir. Je fais peur aux enfants...

Dans le but de m'acquitter, j’ai décidé de faire ma recette habituelle de caramels au cidre de pommes. Comme je m'en doutait, elle est sortie impeccable, tout le monde en redemande.



J’ai alors décidé de donner une dernière chance à Miss Farmer avant de la déclarer elle sorcière. J'ai réessayé la recette de Nut Chocolate Caramels en prenant bien soin de tout faire à la lettre. Je qualifierais le résultat de mini-succès, compte tenu des quatre fiascos précédents, mais je ne la ferai pas à nouveau. Le goût de mélasse est trop prononcé et le mélange a failli brûler à nouveau, même s’il n’avait pas tout à fait atteint la bonne température. Ces caramels ne conservent donc pas leur forme à température pièce. Bref, personne ne s’est offert pour en rapporter à la maison après notre rencontre mensuelle.



Ainsi le doute persiste sur Fanny Farmer (She's a witch, she's a witch!).

Et, encore une fois, je me retrouve à terminer ce que personne ne veut du « family pack ».

Ça sent le Hocus Pocus toute cette affaire...

2 comments :

  1. Hmmm ... ouais, on pointe du doigt Fanny Farmer, pourtant c'est toi avec le gros CHAT NOIR!

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  2. Il est pas gros!!! *double denial* >^..^<

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