Les « autres recettes des Caraïbes », on y présente tout, mais rien




L'objectif principal du livre Recipes from Many Lands publié par Oxfam en 1976 était de sensibiliser les écoliers de la Grande-Bretagne aux conditions socio-économiques des pays du « tiers-monde ».

Divisées en sections géographiques, les recettes nationales sont accompagnées de statistiques au sujet du territoire, de la population et du rôle d'Oxfam sur le sol du pays en question. Ces données sont toutefois absentes de la section qui nous intéresse ici, celle des « autres recettes des Caraïbes ».



À la page précédente, le Trinidad (ou la Trinité) détient une section à lui seul, tandis que les autres îles - sans même être mentionnées ou énumérées - sont, selon le livre, adéquatement représentées par sept recettes. Cette attention envers le Trinidad est étrange puisque dans les notes à son sujet, on écrit « this island does not rank high among Oxfam's priorities in the Caribbean ».

Pourquoi sélectionner sept recettes et choisir d’offrir aucun - ZÉRO - contexte pour mieux comprendre les origines des ingrédients, la préparation traditionnelle des mets et le sens de cette alimentation à un niveau national ou régional?

Est-ce simplement que les recettes locales sont plus intéressantes à Trinidad qu'elles le sont en Haïti, en Jamaïque, ou ailleurs? J'en doute.

D'une façon, en tentant d'inclure TOUS les pays des Caraïbes dans cette section, les auteurs tombent dans le piège de ne RIEN transmettre à leur sujet.

Regardons plus spécifiquement la recette de la soupe à la citrouille.

Les ingrédients nécessaires sont énumérés comme suit:

1 citrouille
2 oignons
1/2 T. de pois secs
1/2 lb de viande salée (avec os)
2 feuilles de chou (finement coupées)
Thym frais
1 c. à table de beurre
Sel et poivre (au goût)

La liste des ingrédients est épurée, et les instructions sont aussi simples:

Couper et faire sauter les oignons. Ajouter la citrouille (pelée et coupée). Ajouter le reste des ingrédients. Couvrir le tout d'eau et laisser mijoter pour environ une heure.



Les biscuits à la noix de coco sont également faciles à préparer. Tellement facile, qu'un enfant peut s'y prendre sans difficulté. Les galettes sont très bonnes et plairaient certainement aux jeunes, mais moi, je suis une adulte, et comme adulte, je préfère ces biscuits avec une crème glacée banane-rhum et enrobés de chocolat.



Si l'objectif du livre était en fait d'éduquer les jeunes de la Grande-Bretagne au sujet des projets d'Oxfam dans les pays du tiers monde, pourquoi les garder ignorants des spécificités des « autres » pays des Caraïbes? Dans son texte au sujet du biryani qu'elle trouve fade, Kathleen propose que l'objectif était peut-être de piquer la curiosité des jeunes pour la cuisine internationale, sans trop les brusquer.

On cherche peut-être également à accommoder les enfants difficiles... mais puisqu'on ajoute DEUX oignons à la soupe, je doute que ce soit le cas. Toutefois, dans les sept recettes, il n'y a pas d'épices fortes - pas de cari, pas de piments. Il n'y a pas non plus de coupes de viandes - comme des queues de cochon - qui pourraient effrayer les inhabitués.

C'est également possible que les auteurs aient simplifié la recette afin de permettre aux jeunes de l'adapter selon les ingrédients disponibles dans leur frigo ou à l'épicerie du coin ... ou même selon les limites de leur budget familial.

Malheureusement, ni l'auteur, ni la source de la soupe à la citrouille sont identifiés. Je me suis retrouvée sans réponses à mes questions et, par conséquent, j'ai gaspillé trop de temps en ligne à chercher des recettes de soupes des Caraïbes. C'est facile aujourd'hui avec l'Internet, mais je ne suis pas convaincue qu'avoir été à la place des élèves en 1976, j'aurais fait le même travail à la bibliothèque de l'école. J'aurais plutôt piqué un deuxième biscuit à la noix de coco en route pour la récréation dans la cour d'école. En même temps, je me souviens avoir goûté une carambole pour la première fois dans une classe de 8e année et ensuite avoir trouvé le fruit à l’épicerie où j’ai expliqué ses origines à ma mère, afin de la convaincre de me l’acheter. J’aime encore les caramboles aujourd’hui, j’en ajoute souvent dans mes sangrias, parce que ... je suis une adulte.

2 comments :

  1. Fun (unrelated) fact on "caramboles": a few years ago, I lived in studen housing and had several housemates from France. For a group dinner, one told me she'd make what sounded to my ears like a "caram-bole" for dessert. I had a vague idea that this was a fruit-related word in French but didn't look up exactly what it was. Then I saw her making the dessert - peeling and cutting apples and topping them with butter, flour and sugar...she wasn't making a "carambole, but a "crumble"!

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  2. Oh ... imagine un crumble aux caramboles! :P

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