Une Feijoada pour les femmes fermières (les vraies)

À la publication du livre « Recipes from many lands », les activités de l’OXFAM au Brésil semblaient plutôt limitées, concentrant leurs efforts sur de petits projets dans le secteur démuni du Nord-Est. Depuis, le mandat de l’organisme s’est grandement précisé. La justice économique figure depuis l’an 2000 au haut de la liste des priorités et se décline vers le commerce équitable, la sécurité alimentaire et l’accès à la santé et aux médicaments.

Quoique le Brésil soit une puissance émergente et un important producteur agricole – se classant au haut de la liste des exportateurs de soja, de canne à sucre, de café et d'oranges – il souffre encore d’inégalité sociale et d’extrême pauvreté. Cependant, le secteur le plus pauvre au pays, le Nord-Est, bénéficie depuis la dernière décennie d’une croissance économique bien plus élevée que la moyenne nationale. Le phénomène est en partie attribuable au ralentissement des activités économiques du Sud qui est en pleine récession, mais personnellement j’aime croire que les femmes brésiliennes y sont peut-être pour quelque chose.

Vous aurez bien deviné que je ne parle pas des demoiselles aux copieuses poitrines, vêtues d’à peine quelques plumes et paillettes et qui se déambulent dans les rues de Rio de Janeiro pendant le Carnaval.  Je parle plutôt des femmes fermières. Les vraies. Pas les tricoteuses de pantoufles en Phentex.


Le Brésil est loin d'être l'exemple à suivre en matière d'égalité homme/femme. Il devance maintenant la Thaïlande comme destination de choix pour le tourisme sexuel, la violence domestique n'a figuré au Code criminel qu'en 2006 et les femmes ne furent attribuées des droits dans le domaine du travail qu’en 1988. Cela dit, le pays est reconnu comme bénéficiant du mouvement féministe le plus organisé et efficace de toute l’Amérique latine.

Malgré leurs efforts de revendications, les femmes demeurent en partie la raison pour laquelle le Nord-Est du pays est si pauvre. Leur double marginalisation, soit l'incapacité d'avoir accès à la propriété et le système machiste dont elles font partie, freine leur contribution à l'économie locale. En 1998, 80.13 % des 5,34 millions de femmes travaillant dans le milieu de l’agriculture ne recevaient pas de salaire. N’étant pas considérées comme travailleuses, elles n’avaient pas accès à la retraite, donc ne recevaient aucune pension - la source principale de salaire dans plusieurs municipalités de la région et un droit qui joue un rôle important dans l’atténuation de la pauvreté. 



Voyant qu’elles n’arriveraient pas à remédier au problème de pauvreté tant qu’il n’y aurait pas d’égalité entre les sexes, des femmes se sont rassemblées pour une première fois en l’an 2000 afin d’exercer des pressions auprès du gouvernement. Chapeautées par la Confédération nationale des travailleurs agricoles (CONTAG), les « Margaritas » - nommées ainsi en l’honneur de Margarida Maria Alves, une dirigeante syndicale assassinée pour avoir défendu les intérêts des travailleurs en milieu rural - ont marché dans les rues de Brasilia afin de demander une réforme sociale compréhensive et d’attirer l’attention sur les problèmes sociaux, politiques et économiques de la vie en milieu rural.

En 2011, lors de la 4e marche organisée, quelque 70 000 femmes se sont réunies armées d’une liste de 150 demandes à remettre à la nouvelle présidente, Dilma Drouseff. Issue d’un milieu socialiste, cette dernière était reconnue pour avoir dit qu’ «un pays riche est un pays sans pauvreté ». Le 18 août, soit deux jours après le début de la marche, la présidente adressa la liste de demandes en acceptant d’établir 16 établissements flottants offrants des soins de santé de base aux travailleurs en milieux forestiers-riverains et 10 centres chargés de s’assurer que les lois de santé et sécurité au travail soient appliquées. Elle s’engagea aussi à financer davantage de fermes familiales et à créer un programme national de développement agricole durable dans le but d'aider les femmes en milieu rural. Lord de la manifestation précédente, la marche avait gagné le droit aux femmes d’appartenir les terres sur lesquelles elles se sont établies à la suite de la réforme agraire, leur facilitant ainsi l’accès au crédit qui leur est nécessaire pour changer leur vie et celle de leur famille. 

Petit à petit, marguerite par marguerite, les femmes fermières du Brésil prennent leur juste place, allant même jusqu'à se faire reconnaître pour leurs pratiques écologiques et la qualité de leur café

Margarida Maria Alves a un jour dit : « Il est préférable de mourir en luttant que de mourir de faim ». C’est ce qu’on appelle avoir du cœur au ventre! Mais comme ventre affamé n’a point d’oreilles, il est préférable pour nos Margaritas de se mettre quelque chose sous la dent avant de prendre la route. L’OXFAM nous propose quelques recettes qui se prêtent bien à l’exercice. Particulièrement la Feijoada, un ragoût d'haricots noirs d’origine portugaise, mais adoptée officieusement par le Brésil. Elle est réalisable à moindre coût et est traditionnellement appréciée lors de rassemblement entre famille ou amis.

Pied, queue, lard fumé, saucisse fumée et demi-fumée, chorizo, kielbasa... de cochon!

La recette telle qu’elle apparaît dans « Recipes from many lands » suit les bons principes de base et offre beaucoup de flexibilité, notant même que les quantités sont peu importantes. Ce qui est vrai, ayant moi-même largement adapté les mesures. On y raconte aussi que les haricots noirs peuvent être appelés haricots de Lima ou « red wonder bean ». Ce qui est faux. Tenez-vous-en aux haricots noirs qui, même en conserve, feront bien l’affaire. Ne manquez surtout pas d’accompagner le plat de suprêmes d’oranges et de farofa

En complément, la salade à l'avocat.

1 comment :

  1. Pour quelles raisons est-ce qu’on bande mou, et pourquoi on perd l’érection pendant l’acte parfois?
    Si votre érection n’est pas complète, si vous ne bandez pas bien et pas souvent,votre taux de testostérone a peut-être baissé.
    L'une des solution a ce problème peut être La Pilule pour bander en pharmacie sans ordonnance, car C’est vrai que souffrir de l’impuissance psychologique à cause d’une séparation ou un événement troublant est également une possibilité peut être inscrit parmi les causes.

    Mais les causes les plus fréquentes des troubles de l’érection sont physiques.

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