Quand on s'attend à une grosse journée, c'est mieux de la commencer avec un 'p'tit' couche-couche cajun



Dimanche, c'était l'heure du couche-couche. Ou, du « coush-coush » ou du « cush-cush », peu importe comment vous voulez l'épeler.

C'était l'heure d'un bon déjeuner parce que je devais affronter les ravages laissés dans notre cour par un blizzard et une tempête. Le couche-couche étant à base de semoule de maïs, il a longtemps été servi aux travailleurs de la Louisiane avant une longue journée d'ouvrage, ou en tant que souper lors des soirées froides de l'hiver.

Froid? Dimanche, ici on frôlait le -40°C et la météo prévoyait un deuxième blizzard pour le lundi soir, suivi d'une autre tempête aujourd'hui. Ma prédiction? Du froid puis de l'ouvrage en masse à déblayer les escaliers. Quelle semaine! Si j’peux me trouver un ingrédient spécial pour me donner de la patience, je le saupoudrais sur mon couche-couche, c’est sûr et certain.


Ma ville ... avant le 30-40 cm qu'on va recevoir aujourd'hui


Le couche-couche consiste d'une pâte à base de semoule de maïs, frite dans du saindoux ou de la graisse de bacon. Puisque je l'ai toujours considéré comme un déjeuner typiquement cajun, ça m’a étonné de le retrouver dans le livre Cooking in Old Creole Days. Je m'attendais plutôt à y trouver des variétés de grits (un gruau de maïs moulu), un accompagnement essentiel à la cuisine contemporaine de La Nouvelle-Orléans, mais ce n'était pas le cas.

J'ai ainsi consulté divers livres de recettes de la même époque afin de voir si le couche-couche se trouvait également dans leurs pages. Il n'y en a aucune mention dans La cuisine creole : a collection of culinary recipes from leading chefs and noted Creole Housewives, who have made New Orleans famous for its cuisine (New Orleans: F. F. Hansell & Bro, Ltd. 1885), ni dans le Old Creole Days in New Orleans: the Picayune Creole Cook Book. 5th edition. (New Orleans: The Times-Picayune Publishing Co., 1916).

En consultant des recettes modernes en ligne, j'ai également remarqué que la recette offerte par Célestine Eustis n'a pas la même liste d'ingrédients que les nombreuses recettes traditionnelles. En fait, ces dernières sont souvent accompagnées de la mention « à ma grand-mère » ou « à mon beau-père », car le couche-couche aujourd'hui est moins favorisé comme repas. Dans Cajun Foodways (University of Mississippi Press, 1992), C. Paige Gutierrez affirme qu'il est plus commun d'associer le couche-couche à des souvenirs d'enfance qu'au petit déjeuner quotidien.

La grande différence avec la recette offerte par Eustis est qu'elle y ajoute des œufs. En fait, elle recommande de préparer un pain de maïs (cornbread), mais de frire la pâte dans une poêle au lieu de la cuire au four. En 1951, une recette semblable est indiquée dans le livre A Collection of creole recipes de Jean LeBlanc (New Orleans: Creole Delicacies Co., 1951), mais sous le titre "coush-coush (or spoon bread)".

Les mesures spécifiques ne sont pas indiquées dans la recette. En doublant les proportions approximatives, j'ai utilisé une 1/2 tasse de beurre, 4 tasses (2 pints) de semoule de maïs, 4 œufs, du sucre blanc, du lait et de la poudre à pâte.



Dans un bol, j'ai ajouté tous les ingrédients secs et le beurre. J'ai brouillé les œufs avec le lait pour ensuite l'incorporer dans le mélange.



J'ai ensuite mis le bol de côté pour préparer le bacon. C’est à vous de choisir comment vous vous débarrasserez de la viande ... puisque seulement sa graisse est nécessaire pour la recette!

On verse le mélange dans la poêle bien graissée et lorsqu'une croûte dorée se forme, il faut brasser.



Traditionnellement, le couche-couche est servi dans un bol avec du lait, du sucre ou des confitures.



Mais celui-ci est déjà sucré et plus substantiel à cause des œufs. Aussi, je vous ai dit qu'il y a un blizzard à l'horizon? Ouan ... j'suis mieux d'avoir tout de mon côté. Voici mon déjeuner de championne :



Je me suis dit que cette assiette allait soit me donner la force nécessaire pour confronter la montagne de neige à ma porte, ou me permettrait de tomber dans un coma de bouffe et d'hiberner jusqu'au printemps.

No comments :

Post a Comment